Maintes fois enterré, le projet d’un Centre national de la musique, censé défendre la diversité artistique et faire rayonner la musique française, est dans les cartons depuis… 2011. Le ministre de la Culture vient d’annoncer son lancement pour janvier 2020. Et si cette fois, c’était la bonne?
Par LUCAS MINISINI – Dessin CAT O’NEIL, Libération, 2 février 2019
Dans son catalogue, Isabel Dacheux rassemble désormais plus de 400 partitions. Des titres signés par des artistes comme les rockeurs de Livingstone ou les poppeux de Molécule G, tous signés chez Scherzo Productions, basée dans le IXe arrondissement de Paris. Une boîte d’édition et de production discographique vieille d’une vingtaine d’années et toujours en quête de nouveaux projets à défendre et faire tourner à travers la France et au-delà.
Pas forcément évident car actuellement, « c’est le bordel, résume Isabel, mais on s’accroche». Un effort de chaque instant qu’elle poursuit avec «un employé et demi», recrutés grâce à de nouvelles subventions, face à une industrie musicale toujours plus inégale : Sony Music, Warner Music et Universal Music, soit les «majors», rachètent des catalogues «de partout» et côté tournées, les surpuissants Live Nation ou Fimalac Entertainment font la loi. Et le reste? «C’est devenu un marécage», souffle la gérante.
Elle en a la preuve : «Un troisième chiffre après la virgule a été créé pour pouvoir nous payer pour les écoutes de nos chansons.» Pourtant, la professionnelle l’affirme, sa musique n’a jamais été autant diffusée, et pas seulement en France. «Certains de mes titres sont écoutés par des chercheurs en Antarctique», sourit-elle. Une raison parmi d’autres de continuer à se démener pour ses artistes, et de trouver des solutions pour faire tourner la boutique.


